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#VOST : « Je suis émue que Suzanne m’apprenne le métier de gantière », Soledad, 27 ans

Au Gant grenoblois à Lyon

#VOST : « Je suis émue que Suzanne m’apprenne le métier de gantière », Soledad, 27 ans

C’est un métier en voie de disparition: la profession de gantier. A Lyon, Soledad a décidé d’assurer la relève et de prendre la suite de Suzanne, gantière depuis 33 ans dans la même petite boutique du quartier des Terreaux. Du changement dans la continuité.

La petite boutique de gants du quartier des Terreaux n’a presque pas changé… avec ses 60 tiroirs, le long meuble de métier en chêne est toujours là, imposant et massif. A l’intérieur des trésors de gants de ville en cuir, en pécari, en soie ou même crochet. Le paradis pour les inconditionnels de cet accessoire de mode. Certains modèles sont anciens, avec des détails qui trahissent le savoir-faire d’un métier méticuleux… derrière le comptoir, une toute jeune gantière de 27 ans, Soledad Lo Greco.

Perle rare providentielle

« Moi je veux prendre le temps avec les clients, d’essayer des gants, de les conseiller… comme le faisait Suzanne, » explique-t-elle. J’ai envie de le prendre ce temps. Aujourd’hui tout va trop vite, on n’a plus le temps de se connaître, de se parler. Ce ne sont pas que des clients, ce sont aussi des personnes qui ont une histoire à nous raconter; un petit moment à partager ensemble ».

Suzanne, c’est Suzanne Dalla-Longa. Dynamique, enthousiaste, toujours en mouvement, elle est la 3e génération de gantiers que la boutique a connue. Elle a occupé la place de Soledad durant 33 ans « Au Gant Grenoblois ». C’est presque une figure du quartier des Terreaux et l’âme de la boutique. Elle avait déjà depuis un certain temps dans l’idée de céder le flambeau. Mais trouver un successeur n’allait pas de soi : « C’est beaucoup de travail, fastidieux et minutieux; beaucoup d’organisation, de présence… ça ne plait pas forcément aux jeunes générations, » confie Suzanne.

Un jour j’ai vu débarquer Soledad. Sans vraiment chercher, j’ai trouvé quelqu’un qui s’intéressait à mon métier. Il fallait trouver quelqu’un qui ait envie de s’investir. J’ai senti tout de suite que Soledad s’intéressait …

Suzanne Della-Longa, gantière

Soledad, c’est assurément la perle rare qu’elle attendait. Les deux femmes se sont tout de suite entendues. Elles ont passé une sorte de « contrat moral », sans papier ni convention… à l’ancienne ! Bien avant son arrivée, Suzanne parlait déjà de la jeune femme aux habitués. Leur rencontre, c’est surtout l’histoire un passage de relais « en douceur », plein de respect. Une rencontre entre une gantière sur le départ, attachée à son métier, et une jeune femme en reconversion qui avait tout à apprendre.

Tourner la page et passer la main …

Le confinement a été le déclic. La jeune femme a « retrouvé ses mains », selon sa formule. Soledad, titulaire d’un Master en développement de projets artistiques et culturels internationaux, a tourné le dos à la culture pour devenir gantière. Une reconversion au pied de la lettre. Il a aussi tourné la page « par désillusion », déçue paun milieu dans lequel elle ne se reconnaissait plus. « Je voulais faire ma reconversion dans le stylisme et la couture, » explique-t-elle. Après mûre réflexion, c’est finalement sur le cuir qu’elle a jeté son dévolu… « Une matière noble » qui lui parle, aussi parce qu’elle est d’origine argentine, précise-t-elle.

J’ai l’air jeune mais je suis une mamie à l’intérieur. J’écoute Edith Piaf, le matin… j’adore tout ce qui est ancien. Ça m’émeut.

Soledad Lo Greco, gantière

Ce changement de voie de Soledad a été une surprise pour ses proches. Mais c’est son père, professeur d’art dans des écoles de stylisme, qui lui a parlé de la pittoresque boutique des Terreaux, vouée à disparaître faute de trouver un repreneur prêt à perpétuer la tradition. Coincée entre un bar branché fréquenté par des millénnials et une enseigne de tatouage, l’enseigne avait jusqu’à présent échappé à la « brooklynisation » du quartier. Elle semblait tendre les bras à Soledad, cette micro-boutique « hors du temps ». Et Soledad a pris ses marques. « Soledad, elle est un peu vintage, alors du coup, ça se passe bien », explique Suzanne.

Ganterie à Lyon enseigne

 

« Coup de coeur » et engagement

 « C’était cette boutique ou rien ! » affirme-t-elle. Soledad a aussitôt eu le coup de coeur pour le lieu et mais aussi pour sa gérante Suzanne. Comment s’est passée la première entrevue avec la gantière ? Une rencontre au culot pour parler de son envie de reprise de la boutique. Entre enthousiasme et appréhension : « je me suis dit peut-être qu’elle ne va pas du tout apprécier, c’est une affaire de famille depuis trois générations. Elle ne va peut-être pas vouloir, » se souvient-elle, « mais elle a été tellement joyeuse, elle s’est projetée avec moi, dès le premier jour (…). Je me suis dit : elle a commencé à s’engager, moi aussi ! » Soledad se souvient aussi de cette grosse migraine envolée en fin d’entretien. Pour pouvoir prendre la suite de Suzanne, la jeune femme est retournée à l’école, a suivi une formation dans les métiers du cuir, à Romans-sur-Isère. Elle a également fait un stage auprès de la gantière.

Suzanne fait une vraie transmission, une vraie passation. Elle vient une fois par semaine, me conseiller, me donner des explications… ça se passe super bien et je suis émue qu’elle m’apprenne le métier. Il y a une relation de confiance entre nous.

Soledad Lo Greco, gantière

Chaque semaine, Suzanne vient encore « donner un coup de main ». Elle prodigue ses conseils à la jeune femme … « Je ne la lâche pas. Je suis parfois un peu pénible, mais ça se passe bien parce qu’elle est très à l’écoute, » elle avoue en riant. « C’est pour son bien, je veux qu’elle réussisse, que ça dure plus de trente ans et que peut-être plus tard elle va transmettre à son tour, » confie la future retraitée. Elles avancent ensemble pour donner un avenir à cette petite enseigne au look rétro. L’une apprend à s’attacher aux lieux, l’autre apprend à s’en détacher. Soledad n’a pas de mots assez forts pour témoigner de son enthousiasme : c’est « un honneur » d’être la quatrième génération à perpétuer le savoir-faire d’une gantière.

Raison et sentiment

Soledad appréhende le moment où Suzanne va la quitter pour une retraite bien méritée. Elle a même du mal a retenir ses larmes. « Aujourd’hui, je pars tranquillement parce que je sais qu’il y a une continuité, parce que la façon de travailler est toujours là. Cette passation a été très facile pour moi, » confie de son côté Suzanne.

Si Soledad s’est attachée à Suzanne, elle n’est pas la seule. Pour preuve, l’anecdote survenue peu de temps après l’installation de la jeune femme. « Un jour, au tout début, impossible d’ouvrir ou de fermer la porte, de mettre la clé dans la serrure ou de la tourner. Ce n’était jamais arrivé à Suzanne en 33 ans. C’est comme si la boutique ne voulait pas de moi, » se souvient avec amusement Soledad… Et maintenant ? « Maintenant, ça va mieux, elle m’accepte ! Elle a vu que je n’allais pas la modifier. A part peindre les murs en blanc et mettre une tapisserie à mon goût, je n’ai rien changé. La boutique est très belle comme ça ! »

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